Printemps des Poètes d'Andernos-les-Bains - 2013
Collège André Lahaye

Lecture animée
par les élèves de 3èmeH du

A N I A R A
une odyssée de l'espace
Extraits de l'oeuvre d'Harry Martinson

Editions Agone
Editeur : Agone
Traduction Philippe Bouquet
et Björn Larsson.
Postface Ylva Lindberg
et Samuel Autexier.
Harry Martinson
Aniara est une oeuvre vraiment unique, un rarissime exemple de poésie épique de science-fiction, écrite en 1956 par le Suédois Harry Martinson, lauréat du prix Nobel de littérature 1974.

Les cent trois chants d'Aniara racontent la dérive du vaisseau spatial Aniara, à bord duquel des milliers de déracinés, espèrant atterrir un jour sur une planète d’exil, se mirent avec effroi et nostalgie dans leurs souvenirs.
La Terre a été dévastées par les guerres nucléaires et les passagers d’Aniara, guidés par Mima la Consolatrice, une intelligence artificielle de bord, en seraient les derniers survivants, condamnés à errer dans la nuit céleste, jusqu’à la fin de leurs jours.

Aniara -1959Ecrit dans les années cinquante, marqué au fer rouge par la Seconde Guerre mondiale et l’explosion de la bombe atomique, Aniara célèbre la vie comme création sacrée, divine, mais sans qu’il soit question de religion :
    Aniara, notre vaisseau spatial, se déplace
    dans un espace dépourvu de boîte crânienne
    et n’a donc nul besoin de substance cérébrale.
    Il se meut dans quelque chose qui existe
    Mais n’a nul besoin de suivre la voie de la pensée
    Un esprit qui est plus que le monde de l’intellect.
     [...]
    Le mystère éternel du ciel et de ses étoiles
    et le miracle de la mécanique céleste
    sont la loi et non pas l’évangile.
    La compassion pousse sur les bases de la vie.

Aniara -1959Martinson s’en prend également au troupeau bêlant, aux rangs toujours plus serrés, d’hommes incapables de créer, de penser, d’élever leur âme au-dessus des contingences matérielles.
Les modes se succèdent en un
    flot fade d’un temps écoulant ses miasmes
    vers la mort uniquement pour s’y vider.

Sur le vaisseau, aussi vaste soit-il, les arts et les sciences perdent inéluctablement pied :
     Le cerveau paresseux devint son propre fardeau
     et les ouvrages des esprits lucides, jamais lus,
     tournèrent le dos aux êtres d’oisiveté perclus
     qui ne furent plus agités de pensers nouveaux.

Mais cet arrière-fond moral ne serait rien sans un curieux travail de la langue admirablement adapté par les traducteurs :
- néologismes : transtomie, tacis du troisième vèbe, cantorateur... ;
-
emprunts mythologiques détournés ;
- argot poétique :
     Viens m’bercer loyde et fancie, lance-t-elle
     go daurme en vancie et rame guène en dondelle
     mon déide est gandeur, j’suis vlamme et gondelle
     et vepte en taris, clande en delde et yondelle
.

Martinson, en s’adressant aux sens plutôt qu’à l’intellect, c’est-à-dire en évitant tout didactisme, dépeint l’avenir d'une humanité dont la fuite cauchemardesque est totalement vaine.

d'après un "post" d'Olivier Noël


Première d'Aniara au Théâtre Sourd (Deaf Theater) de Munich
11 novembre 2012

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